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La dernière vendange...

Nous ne referons plus "lamour" et sa vendange :
Au champ de nos deux corps, tous les ceps ont séché.
Perdus ! tous leurs printemps à la douce alternance
à l'hiver-solitude, âpre, roide, glacé...

Nous ne dormirons plus ensemble, plus jamais :
Étrangers dans deux cœurs battant l'indifférence,
et nos pas ne devront plus jamais se croiser,
ni leurs regards furtifs, en quête d'espérance.

Et nous ne rêverons plus au  même sommeil,
nos deux souffles mêlés, ta tête à mon épaule :
Ils se sont rabougris tous nos songes vermeils,
comme la feuille en tas, des tristes cours d'écoles...

Nous n'irons plus aux bois pour rencontrer les roses,
elles se sont fanées, depuis le dernier soir,
où la Porte-Bonheur, sans ton sourire, est close,
et le vent qui s'y heurte, y frappe, sans espoir.

Nous ne franchirons plus les bornes vagabondes,
à nous mener confiants, dans les bras du hasard,
vers l'intruse passion arrêtant ses secondes,
en l'Instant amoureux, ni trop tôt, ni trop tard.

Nous n'irons plus cueillir la douceur à la vigne,
- De vendange passée le raisin est amer -
Et dans un ciel d'automne un présage et un signe
annoncent qu'un de nous va fouler au désert !

Je n'irai plus clamer ta Beauté alentour,
vigneron de ton corps, j'ai remis son breuvage,
et sa grappe mûrit en terre d'autre Bourg,
oubliant, par ses fruits, la "dernière vendange" !